Antonio Fiori : Downing Street, à qui perd gagne

Aussi l’esprit positif n’a-t-il pu manifester suffisamment sa propre tendance philosophique quand il s’est trouvé enfin conduit, par cette oppression, à lutter spécialement contre l’esprit métaphysique, avec lequel il avait dû longtemps sembler confondu. Le soleil est revenu sur la France. Nous pourrions en composer indéfiniment, maintenant que nous possédons la formule. Tout se faisait dans la même salle, aux quatre coins. Pour preuve, le nom du document fixant les orientations annuelles (« loi de financement de la sécurité sociale »), qui contient tout sur les coûts, mais presque rien sur les voies et moyens de l’amélioration des soins, ou l’analyse scientifique de leur impact sur la santé publique. Ces doctrines ne sont pas seulement imbéciles ; elles sont infâmes. Il n’est pas douteux que ce soit d’abord le « moi social », intérieur à chacun, dont nous avons déjà dit un mot. L’inévitable effondrement du marché immobilier. Les républicains ont cru qu’ils pourraient obtenir des avantages en refusant de relever le plafond d’emprunt. Arrêtons-nous sur ce dernier point. Pas à cause de l’interruption programmée des baisses de taux quantitatives américaines. Or ce qu’il faut bien remarquer, au début de la science, c’est que l’échange qui s’accomplit par un intermédiaire ne perd en rien la nature, l’essence, la qualité du Troc ; seulement c’est un troc composé. L’expérience universelle montre que l’inclination naturelle des gouvernements est de dépenser toujours plus. Une simple forme de l’instinct de conservation physique, le sentiment d’un danger toujours présent dans la personne d’un autre individu. Mais il ne s’agit que d’un point particulier : la nature humaine en tant que prédisposée à une certaine forme sociale. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « C’est s’enrichir que s’ôter des besoins ». Il s’était en partie répandu sur des laves plus anciennes, et formait avec elles comme une levée gigantesque, jetant çà et là, sur tout son parcours, des rameaux secondaires. De plus, les objets connectés avec les problématiques liées au Big Data et à la sécurisation des données vont continuer à passionner les journalistes. Or la révolution de l’information est le prélude aux révolutions politiques. Si la richesse est un mal, ne nuirons-nous pas aux pauvres en leur abandonnant ce que nous possédons ? Ce n’est pas pour les pauvres, c’est pour lui que le riche doit faire abandon de sa richesse : heureux le pauvre « en esprit » ! C’est la ruine de l’Angleterre qu’ils rêvent ; sentiment général, à part des exceptions très rares ; et exprimé non seulement par la presse, mais au café, dans la rue, partout. Un choix subjectif qui couvre une large palette de sujets. S’ils prennent cette idée dans une société organisée, où les actions humaines sont déjà classées selon leur plus ou moins grande aptitude à maintenir la cohésion sociale et à faire progresser l’humanité, et où surtout certaines forces définies produisent cette cohésion et assurent ce progrès, ils pourront dire, sans doute, qu’une activité est d’autant plus morale qu’elle est plus conforme au bien ; et ils pourront ajouter aussi que le bien est conçu comme obligatoire. Nous sommes aujourd’hui les héritiers de cet « esprit de 1894 », avec le devoir de perpétuer la recette qui a toujours fait le succès des échanges transatlantiques : dialoguer ensemble, reconnaître les points de vue de chacun, et avancer en supprimant les obstacles inutiles au commerce pour accélérer la croissance, tout en préservant les différences auxquelles l’un ou l’autre des continents est fortement attaché. Et bien qu’elle soit la première entre le souverain marocain et le président américain, cette rencontre officielle s’inscrit dans le prolongement de liens historiques et stratégiques noués entre les deux pays depuis longtemps. Ainsi la pierre calcaire ou (pour employer le nom scientifique) le carbonate de chaux nous présentera d’abord des variétés de structure terreuse, compacte, fibreuse, aciculaire, lamellaire, saccharine, oolithique, qui tiennent évidemment à des circonstances de formation tout à fait accessoires, et qui ne peuvent servir à caractériser nettement, ni cette substance à l’exclusion des autres, ni mêmes les échantillons de cette substance où s’observe souvent le passage d’une structure à l’autre. Ce n’est que pour s’être départi avec arrogance de ses doutes que l’homme a multiplié les actes lourds de conséquences. Nouvelle dynamique pour une partenariatRien d’étonnant donc que les deux chefs d’Etat discutent de la consolidation de cette amitié séculaire et du partenariat stratégique existant entre les deux pays.

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