Antonio Fiori : L’exemple d’un objet de consommation courant « made in US »

Un siècle plus tard, en 2007-2008, le monde a subi un choc financier encore plus important qui a enflammé les passions nationalistes. Ce ne sera pas impossible, si la nature incline déjà par elle-même à tenir compte de l’homme. À vrai dire une telle critique négative serait triste comme résultat final ; mais comme moyen d’obtenir une connaissance positive ou une conviction digne de ce nom, on ne peut trop l’estimer. Que si, mainte­nant, on cherchait pourquoi les uns attribuent au fait et les autres à la loi une réalité supérieure, on trouverait, croyons-nous, que le mécanisme et le dynamisme prennent le mot simplicité dans deux sens très différents. A noter également une possibilité nouvelle pour les créanciers : l’entrée au capital de la cible (« debt to equity swap »). On aboutirait ainsi à une hypothèse comme celle d’Eimer, d’après laquelle les variations des différents caractères se poursuivraient, de génération en génération, dans des sens définis. En Angleterre (à cause des circonstances particulières de notre histoire politique), quoique le joug de l’opinion soit peut-être plus pesant, celui de la loi est plus léger que dans aucun pays de l’Europe ; et il y a une grande aversion contre toute intervention directe du pouvoir, soit législatif, soit exécutif, dans la conduite privée, bien moins à cause d’un juste respect pour les droits de l’individu, qu’à cause de la vieille habitude de regarder le gouvernement comme représentant un intérêt opposé à celui du public. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois » La méthode pour éduquer ses enfants : le fils ne doit pas quitter son père, la fille ne doit pas quitter sa mère ». Cette différence est souvent mal comprise, l’opinion publique assimilant ce mode de rémunération à quelques abus de patrons du CAC 40 dans les années 2000. Si vous revenez de vacances avec un vague sentiment de culpabilité à l’idée de vous être éloigné trop longtemps du travail, voilà qui devrait vous rassurer : la capitale européenne vit encore à l’heure d’été. Des mots tels que « mana », « wakonda », etc. Et encore, ce chiffre est une vision tronquée de la réalité. La sympathie et l’antipathie irréfléchies, qui sont si souvent divinatrices, témoignent d’une interpénétration possible des consciences humaines. Retenons ici les évaluations du FMI sur la sensibilité de la croissance à 1 point de PIB de réduction du déficit structurel : entre 0,9 et 1,7 d’après ses récentes estimation, et d’autant plus supérieur à 1 que le PIB est en-dessous de son potentiel. Il est bon de savoir quelque chose des mœurs de divers peuples, afin de juger des nôtres plus sainement, et que nous ne pensions pas que tout ce qui est contre nos modes soit ridicule et contre raison, ainsi qu’ont coutume de faire ceux qui n’ont rien vu. Si cette supériorité de l’homme, dans l’ordre de la connaissance, allait jusqu’à lui faire concevoir des vérités absolues et nécessaires, cela seul ferait pressentir, dans la règle de ses actes, l’intervention d’un principe pourvu de ce caractère de nécessité et de rigueur absolue. Outre cette impuissance croissante pour protéger les règles morales, l’esprit théologique leur a souvent nui aussi d’une manière active, par les divagations qu’il a suscitées, depuis qu’il n’est plus suffisamment disciplinable, sous l’inévitable essor du libre examen individuel. Les bifurcations, au cours du trajet, ont été nombreuses, mais il y a eu beaucoup d’impasses à côté de deux ou trois grandes routes ; et de ces routes elle-mêmes une seule, celle qui monte le long des Vertébrés jusqu’à l’homme, a été assez large pour laisser passer librement le grand souffle de la vie. Mais l’origine psychologique reste la même. Les stratégies destructrices ne sont peut-être pas loin derrière. Autant, s’il faut choisir, une putain hors d’âge exhibant son nombril que la fée Carabosse trémoussant sa verrue. Que cette faculté ait besoin, comme le goût littéraire, comme le sentiment du beau, d’exercice et de culture pour se développer ; qu’elle puisse être entravée dans son développement par certains défauts d’organisation, par des circonstances extérieures défavorables, telles que celles qui concentrent toute l’activité de l’homme vers des travaux ou des plaisirs grossiers, il y aurait absurdité à le nier. Sans relance de la demande, pas de croissance. La magie nous paraît donc se résoudre en deux éléments : le désir d’agir sur n’importe quoi, même sur ce qu’on ne peut atteindre, et l’idée que les choses sont chargées, ou se laissent charger, de ce que nous appellerions un fluide humain. La suite devra s’écrire entre amélioration économique et invention politique. Il ne suffit pas de disposer d’une belle cage dorée pour que les croisiéristes y entrent. Qu’il soit arrivé à la magie de servir la science accidentellement, c’est possible : on ne manipule pas la matière sans en tirer quelque profit.

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