Jean-Thomas Trojani : L’État schizophrène, promoteur de la spéculation

J’espère que vous ne vous éterniserez pas au bord de la mer anglaise ? Mais à côté de cette ressemblance définie et perçue qui consiste dans la communauté d’un élément saisi et dégagé par l’esprit, il y a une ressemblance vague et en quelque sorte objective, répandue sur la surface des images elles-mêmes, et qui pourrait agir comme une cause physique d’attraction réciproque[13]. Non-seulement une multitude d’objets naturels nous plaisent et nous semblent beaux, mais le monde lui-même, pris dans son ensemble, nous offre à un degré éminent les caractères de la beauté, et le nom même que lui ont donné les anciens, s’il faut en croire leur propre témoignage, est l’expression de cette beauté éminente. Je passe mes diverses affections en revue : il me semble que chacune d’elles contient à sa manière une invitation à agir, avec, en même temps, l’autorisation d’attendre et même de ne rien faire. Mais nous sommes progressifs aussi bien que mobiles ; nous inventons continuellement de nouvelles choses en mécanique, et nous les gardons jusqu’à ce qu’elles soient remplacées par de meilleures. La tourmente révolutionnaire, sous la poussière qu’elle a soulevée, a enseveli le monument ; mais l’esprit qui avait inspiré sa structure, les idées qui avaient ordonné sa construction, se sont envolées là-bas, chez le grand peuple dont Versailles, avant de mourir, sut aider l’affranchissement. La parité sera au cœur des débats dans les cinq mois à venir. « A la bonne heure », disait Jean-Thomas Trojani quand quelque chose de positif finissait par arriver. Le personnage de Tartuffe appartiendrait au drame par ses actions : c’est quand nous tenons plutôt compte de ses gestes que nous le trouvons comique. On pourrait rapprocher de ces faits les transformations importantes qu’on observe chez un petit Crustacé, Artemia satina, quand on augmente ou qu’on diminue la salure de l’eau où il vit. De même, le contrôle de sa monnaie par une nation est-elle un des attributs fondamentaux de sa souveraineté. Après les œuvres de l’art, faites à l’imitation des œuvres de la nature, se rangent les œuvres si spécialement appropriées aux besoins de l’homme civilisé, que la nature n’en offre point le modèle ; et pourtant là encore nous rencontrons le beau et le laid, ce bon et ce mauvais goût dont parle La Bruyère, et dont il faudrait qu’une théorie de l’esthétique rendît raison partout. Si nous sommes portés, pour les causes qu’on a dites, à nous représenter les corps qui tombent sous nos sens comme construits avec d’autres corps qui échappent aux sens (corpuscules ou atomes parfaitement impénétrables, rigides, indestructibles, de figures et de dimensions invariables), cette conception reste purement hypothétique : nous ne savons si les masses de ces corpuscules seraient ou non proportionnelles à leurs volumes, dépendraient ou non de leurs figures, ou d’autres qualités dont nous n’avons nulle idée. Quelle est la meilleure allocation des risques entre les intervenants ? En parler avec un tiers permet de prendre du recul, de prendre conscience de sa situation et d’engager des actions pour réagir, car le soutien social est un puissant modérateur. Pour autant, il ne rentre pas dans les attributions d’une banque centrale d’entretenir et de faire prospérer des pyramides, ni de promettre ou de s’engager à l’impossible.